Menu
   Réflexions
   Divers
   Write-Ups
   Aides de jeu

Initiation

Vie du site
Portail rapide
Voir aussi
  • Spiderman
  • Daredevil
  • X-Men 2
  • Hulk
  • La Ligue des Gentlemen Extraordinaire
  • Punisher
  • Spiderman 2
  • Incassable
  • Les Indestructibles
  • Batman Begins
  • X-Men 3
  • Superman Returns
  •  

    Films : Superman Returns
    par Ishar le 2 août 2006
    Après des années de développement, de retours à zéro, d'abandons et de reprises, Superman vient enfin de faire son retour sur grand écran. Malmené par la déferlante d'adaptations Marvel, la Warner, studio exclusif des films basés sur les personnages D.C. (l'éditeur lui appartient) doit faire face à un défi financier (le projet a coûté très, très cher) doublé d'un défi artistique difficile : succéder au Superman de Richard Donner de 1978.

    Pour conduire le film, les studios ont débauchés Bryan Singer, qui laisse du coup la place à Bret Rattner pour le 3e X-Men (qui a torpillé la licence au passage, mais passons). Or si le réalisateur de Usual Suspects avait éprouvé d'évidentes difficultés à gérer le grand nombre de personnages des X-Men, les espoirs sont permis pour Superman et son casting évidement plus réduit.

    Première surprise, Superman Returns n'est en rien un nouveau départ pour la license, comme a pu l'être Batman Begins. Comme ce dernier, il a pourtant eu droit à 4 épisodes dont les deux derniers sont parfaitement oubliables - ce que vont faire les scénaristes puisque l'histoire reprend à partir de Superman II. L'homme d'acier revient d'un exil de 5 ans au cours duquel il a cherché des traces de la défunte planète Krypton. Bien des choses ont changé sur Terre : Lois Lane est mariée et mère d'un enfant, Luthor est sorti de prison... Superman va devoir remettre un peu d'ordre dans sa vie et dans celle de Clark Kent.

    Deuxième surprise, non seulement le retour de Superman n'est pas un redémarrage, mais en plus il n'ouvre aucunement sur une suite. Loin d'être une nouvelle aventure de Sup', le film est en effet construit comme un long hommage au film de Donner duquel Bryan Singer n'arrive absolument pas à se dépêtrer.

    Nos personnages enchaînent ainsi les scènes sorties tout droit du premier volet de 78, comme le sauvetage d'un avion (la seule vraie bonne scène du film), le flirt maladroit de Clark vers Lois ou les extravagances de Luthor. Les acteurs rentrent pleinement dans cette démarche, à commencer justement par Luthor/Kevin Spacey, en roue libre pendant tout le film dans le pure style fantasque et décalé de Gene Hackman. Il s'en tire pourtant plutôt bien, comparé à Brandon Routh, écrasé par l'héritage Christopher Reeves, et Kate Bosworth, une Lois Lane peu convaincante loin de la femme mure et sûre d'elle qu'elle est censée incarner (l'actrice n'a que 23 ans !) et véritable erreur de casting.

    L'hommage se transforme donc vite en copie fade que les rares nouveautés n'arrivent pas à sauver. Il figure pourtant parmi celles ci quelques pépites (dont je vous laisse la surprise) mais systématiquement utilisées à mauvais escient. La dualité Superman/Clark Kent est à ce titre édifiante ; Kent, faux côté humain de Superman et personnage volontairement et à juste titre surjoué par Reeves, n'apparaît presque pas, passant ses fonctions à Superman. L'homme d'acier en prend plein les dents, que ce soit physiquement (Loïs sauve Kent, tout va bien, mais Löis sauve Superman ? ? ?) ou sentimentalement (il est aussi maladroit avec Loïs que son alter ego). Exit la figure iconique, le mythe s'efface et Superman, redescendu au rang des humains - un comble pour une extra-terrestre, s'avère bien incapable de nous faire rêver tout au long des 2h30 du métrage.

    Bryan Singer n'a donc finalement rien compris au personnage, et c'est bien là le défaut le plus flagrant du film. A quelques détails prêts (humour référentiel sympathique, images magnifiques) qui l'empêchent d'être complètement ennuyeux, le résultat tient plus du soap mal digéré plus que du film de super-héros. Difficile d'imaginer comment la suite, prévue en 2009 toujours sous la direction de Bryan Singer, va pouvoir tenir sur une base aussi bancale.

    Version Imprimable