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    Films : La Ligue des Gentlemen Extraordinaire
    par Ishar le 17 mars 2004
    Alan Moore a écrit tellement de classiques que j'aurais du mal à dire lequel de ses comics je préfére. Mais la Ligue est en haut de la liste, sans problème, et l'une de ses séries actuelles les plus adulée.
    Si j'avais eu quelques doutes sur l'intérêt d'adapter une oeuvre aussi énorme et litéraire que From Hell, je n'en avais pas sur l'intérêt d'une version filmée de la Ligue. Mal m'en a pris, car si le premier est une réussite (ou à défaut de respecter le matériel d'origine, s'en inspire intelligement pour faire un bon film), le deuxième est une catastrophe.

    Direction artistique

    C'est d'autant plus étonnant que l'équipe artistique était quand même bien aléchante : Stephen Norington à la réal', un coup de Sean Connery dans le casting, un responsable des effets spéciaux réputé (désolé je n'ai plus son nom...).
    Mais il est clair que quelqu'aient été les intentions de départ de Norington, la production a fagocité tout le film. Scénario inepte, personnages asceptisés, dialogues qui nous prennent pour des cons, rien n'est épargné. Donc en guise de direction artisitique, une vrai grosse production hollywoodienne dans son sens le plus péjoratif.

    Scénario et adaptation

    Le scénario donc... si on retrouve les éléments de la BD, l'ensemble a été simplifié en deux choses : une présentation des personnages, de plus d'une heure, lourdingue, et des scénes d'explosions.
    La première partie, qui présente le film, est représentative de l'état d'esprit dans lequel il a été fait. Chaque personnage est présenté dans des scénes lourdingues où on assiste hébété à un rappel de leur histoire. On nous prend donc limite pour des imbéciles en nous rapellant qui est Dracula, Nemo, etc... autant dire que si les références principales du comics sont autant explicités, toutes les références litéraires subtiles distillées par Moore n'ont pas pu trouver de place ici.
    Loin de critiquer la simplification du matériel d'origine, il est clair que les scénaristes n'ont pas su tirer partie de l'oeuvre dont ils avaient achetés les droits

    Les personnages ne sont pas sauvés non plus. Le Quatermain drogué du comics est un héros propre sur lui, l'homme invisible n'est plus un obsédé sexuel mais un vulgaire voleur presque au grand coeur. Et Mina... mon personnage préféré, à la fois typiquement femme du 19e et pourvue d'une indépendance impossible pour cette époque, est réduit à rien, une poupée vampire insipide.

    Du visuel

    Mais que le script soit autant réduit n'est même pas le pire. Normalement, nous aurions du nager dans du "steam super-héros", un 19e siècle alternatif plein de Super Héros. Or le 19e siècle a disparu. Loin de construire un film-univers (ce qui l'aurait peut être sauvé de la catastrophe totale), aucune des uchronies ne semblent à sa place. Ni les armes, qui sonnent comme dans un James Bond moderne, ni les véhicules - mention spéciale à la voiture,... Un beau et gros Nautilus, c'est bien, mais le faire naviguer dans Venises le décribilise complétement - et ridiculise l'imbécile qui a eu cette idée.

    Seul intérêt du film : les effets spéciaux - à l'exception de quelques effets de flammes assez malheureux. Mais quand ceux ci sont utilisés à tort et à travers, quel intérêt ? Les explosions, c'est jolie, mais faire exploser tout et n'importe quoi, ça n'a pas de sens.

    Conclusion

    Franchement, je n'ai pas envie de m'étendre. Autant je me suis fait plasir en me défoulant sur Daredevil, autant là je suis dépité. Car il y avait vraiment moyen de faire un bon film, qui aurait par exemple pu profiter du support pour ajouter aux références litéraires de la BD des références filmiques.
    Pourquoi Alan Moore, détenteur avec Kevin O'Neil des droits sur La Ligue Des Gentlemen Extraordinaires [1], a laissé faire un tel massacre, est un mystére.




    [1] La ligue est en effet l'unique exception au sein des titres ABC, tous détenus par DC après que l'éditeur eu racheté WildStorm.

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