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    Films : Hulk
    par Ishar le 17 mars 2004
    Universal a clairement annoncé les objectifs ambitieux du film. Il faut dire que la firme fait pâle figure face au gargantuesque Warner, loin devant avec ses Seigneurs des anneaux, Harry Poter et autre Matrix. Universal mise donc gros avec ce film, et le budget est en conséquence.
    Alors qu'on pouvait en conséquence s'attendre à un film convenu et à moindre risque, l'annonce du réalisateur Ang Lee aux commandes du géant vert a provqué des mouvements de foule. D'abord parce qu'il s'agit d'un réalisateur artistiquement engagé, ensuite parce qu'on l'imagine mal passer de la légéreté de Tigre et Dragon à la lourdeur de Hulk. Et pourtant...

    Esthétique

    Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les aspects esthétiques sont bien plus à risque sur ce film que sur Spiderman ou les X-Men. Sur ce dernier par exemple, il a suffit de transformer leurs costumes bariolés en uniformes de cuir noir pour que le rendu visuel ne soit pas trop kitsh. Le problème de Hulk, ce n'est pas tellement son apparence, qui en soit ne nécessite pas trop de modification pour bien passer à l'écran. Cela tient plutôt de ces mouvements : à la fois très lourd, parfois pataud, mais capable de se déplacer par bonds à une vitesse vertigineuse.
    Il était donc tout à fait possible d'effacer ces aspects là pour éviter les risques de ridicule, mais ça aurait été renier une bonne partie du matériel d'origine. On voit donc bien Hulk se balader en sautant de plusieurs centaines de métres, et si cela en fait sourire beaucoup, ces scénes participent grandement à nous montrer ce qu'est vraiment le Hulk.
    Pour les scénes d'actions, Ang Lee fait preuve d'une imagination étonnante. C'est décomplexé qu'il nous balance une mise en scéne surprenante loin des standards du genre. Ang Lee s'est lancé avec un cri du coeur dans l'utilisation des effets spéciaux pour donner libre cour à son imagination, et la sincérité de sa démarche est des plus touchantes.

    Evidemment, on pourra toujours argumenter de la qualité de la peau de Hulk, de ses mouvements, ou se moquer de son visage (le visage de l'acteur collé sur celui de Hulk en fait). Mais est-ce vraiment sérieux ? J'ai lu des critiques qui reprochaient au monstre d'être trop carré, ou encore que les gros plans sur sa face le faisait ressembler à Shrek. N'empêche, l'équipe technique a réalisé un Hulk vraiment convaincant, et c'est bien l'essentiel.

    Scénario et adaptation

    Malgrès les croyances communes, Hulk est passionnant. Il reprend les thémes de Frankenstein, de King Kong et bien sûr du Dr Jeckyll & Mr Hyde. Ainsi la créature est confrontée à son créateur à la manière de Frankenstein, bien que jamais directement puisqu'il s'agit physiquement de la même personne. On retrouve aussi du (magnifique) livre de Mary Sheley le théme du monstre : malgrès les apparences, il n'est pas méchant mais incompris. Toutefois, alors que pour le lecteur aucun doute ne plane quant à la créature de Frankenstein, rien n'est sûr pour Hulk : est-il juste un gros pataud sans intelligence, ou possède-t-il vraiment en lui toute cette violence (on retombe ici sur Jeckyll & Hyde). Mais si Hulk est - peut-être - de nature violente, il en possède aussi les moyens, d'où un certain carnage (King Kong). Et au dessus de tout ça figure une épaisse couche de tragédie grecque, qui lie Banner père et fils d'un côté, et le général Ross et sa fille de l'autre.

    Comment donc aborder tous ces thèmes, sans trop les simplifier, sans céder à la facilité d'en ignorer, et tout en faisant un film comics, donc non dénué d'action ? Et bien on a la réponse... on découvre Hulk, et les protagonistes aussi, qui étant un personnage très physique se révéle dans l'action. D'un autre côté, on assiste à des chassés croisés entre les personnages : Banner et Betty, Banner et son père (et Betty avec le sien en parallèle), les deux pères qui provoquent l'apparition de Hulk donc des scénes d'action. L'ensemble des scénes se trouvent donc justifié par l'histoire, et le film possède un cohérence rarement chez les Super-Héros.

    Du point de vue de l'adaptation, on n'est pas déçu. En ne cédant à aucune facilité, Ang Lee a réussie à intégrer tous ce qui fait du géant vert ce qu'il est. On ressort du film en ayant vraiment ressenti une impression de puissance chez ce bestiau, et pour les heures qui suivent on ne peut plus regarder une voiture sans lui prêter un sentiment de fragilité extréme.

    Il existe cependant sur ce point quelques faiblesses. Tout commence merveilleusement bien : on parle du conflit interieur de Banner qui se manifeste via Hulk, mais aucun "méchant" n'apparaissant, on s'attend quelque chose de peu convenu. Dommage d'avoir fait du père de Bruce un super-villain, d'autant plus car la quasi unique scéne où les deux personnages se battent physiquement est la plus raté du film.

    L'art du montage

    Dès le début, on est aussi surpris par un montage étonnant. Tout d'abord, l'exposition part à cent à l'heure et introduit déjà les éléments de la tragédie qui va suivre. Les plans s'enchainent rapidement avec des transitions en tout genres, bien que pas toujours heureuses. Ces transitions nous accompagnerons tout le long du film et permettrons de maintenir l'attention du spectateur. Au même titre d'ailleurs que l'utilisation de l'effet "cases" (plusieurs plans en même temps sous forme de cases de BD) d'ailleurs, qui force le spectateur à une attention constante.

    Conclusion

    Ce film n'est pas dénué de défauts, loin de là. Mais voilà : on ne s'ennuie jamais, l'esthétique générale est réussie, et l'impression de vivre une aventure digne d'un comics de Super-Héros a rarement été aussi forte. Les défauts s'en trouvent plus que gommés dans le pavé de bonnes intentions d'Ang Lee qui produit là un film vraiment à part, qui ne manquera pas de faire parler de lui.

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