Menu
   Réflexions
   Divers
   Write-Ups
   Aides de jeu

Initiation

Vie du site
Portail rapide
Voir aussi
  • Spiderman
  • Daredevil
  • X-Men 2
  • Hulk
  • La Ligue des Gentlemen Extraordinaire
  • Punisher
  • Spiderman 2
  • Incassable
  • Les Indestructibles
  • Batman Begins
  • X-Men 3
  • Superman Returns
  •  

    Films : Batman Begins
    par Ishar le 16 septembre 2005
    Que d'espoirs placés dans ce film ! Rien de moins que le retour d'une des franchises de super-héros les plus prometteuses qui soit, porteuse d'un potentiel cinématographique énorme et pourtant gâché par les deux films de Schumacher, précipitant toute éventualité de suite dans le néant pour plusieurs années. Il était donc bien nécessaire de faire repartir Batman sur de nouvelles bases. On imagine bien à quel point poser les bases en question a du être difficiles, étant donné la quantité de projets repoussés et avortés ces dernières années. Mais après une attente quasi insupportable (si si !), il est ENFIN de retour : faites place au Dark Knight !

    Bruce Wayne, encore enfant, voit ses parents tués devant ses yeux. Elevé par son maître d'hôtel, il quitte le manoir familial et parcours le monde, tentant en vain de se reconstruire. Il rencontre Henri Ducard (Liam Neeson), qui le forme pour en faire un membre de la confrérie de Ras'al Ghul. Mais la soit disant lutte pour le bien qu'on lui propose passe par des moyens extrêmes qu'il refuse de cautionner : Wayne quitte le groupe et reviens à Gotham pour entamer sa croisade en solo...

    Le moins que le puisse dire, c'est que le scénario de ce Batman est sacrément ambitieux. Partir de ses origines les plus profondes jusqu'à sa première aventure en tant que justicier masqué ouvre déjà un vaste champ qui en aurait perdu plus d'un, mais placer l'histoire sous un même un concept de la première à la dernière image, c'est encore plus fort.

    Ce concept, c'est bien sûr la peur. Elle est au coeur de Wayne enfant, lorsque celui tombe dans une grotte remplie de chauve-souris, et bien sûr lorsque ses parents se font tuer. Elle est au coeur de son apprentissage, durant lequel il la maîtrise et en fait une arme contre ses ennemis. Elle est au coeur de Gotham, ville corrompue et violente terrorisant ses habitants. Elle est coeur de chaque personnage du film, à commencer par les bad guys de l'histoire, l'Epouvantail et le mafieux Falcone. Cette dimension psychologique est impeccablement rendue par Christopher Nolan, dont les talents de directeurs d'acteurs n'ont d'égal que les acteurs eux-mêmes - Christian Bale en tête, remarquable quand il s'agit d'exprimer les doutes et les craintes de son personnage.

    Ce concept - fil directeur rend le film très homogène, qui devient du coup beaucoup plus qu'un simple film-univers dont le seul objectif serait de lancer les prochains Batman-movie. Oui, mais...

    Oui mais, à partir du moment où Wayne enfile son costume et que les scènes deviennent plus rythmées, les enjeux disparaissent. Nolan, peu à l'aise avec les scènes d'actions, n'arrive pas à leur donner du contenu(1). Le montage scabreux ne vient pas aider il faut dire, faisant perdre la dernière once de lisibilité à l'ensemble. Pour un film de super-héros, c'est un grave défaut qui empêche Batman Begins d'être le coup de génie qu'il avait la capacité de devenir.

    D'autant que la production abonde pour une fois dans le bon sens. Exit les tétons de l'armure du Batman de Schumacher, adieu la batmobile très (trop) profilée. Cette fois, Batman sort l'engin blindé tout droit issu des pages Franck Miller (comme référence, on a fait pire...) et construit pour être efficace, pas pour être joli. Gotham elle même n'est plus la cité bloquée dans les années 50 de Tim Burton et devient subitement très moderne sans perdre son côté sombre. Bref, le design est soigné, cohérent, et pose de très bonnes bases pour le nouvel univers Batman grand écran.

    La déception d'être passé à côté du chef d'oeuvre est grande, mais non durable. Le potentiel est là, et après tout, Tim Burton lui même nous a fait attendre le 2e Batman pour avoir une oeuvre parfaite !

    (1) En la matière, citons Volte Face dont chaque plan rappelle au spectateur les enjeux du film

    Version Imprimable